Les grandes personnalités berbères

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Augustin

(354 - 430) 

Le plus célèbre des écrivains africains de langue latine, rhétoricien et polémiste de talent.

Père païen, mère berbère christianisée.

Naissance à Thagaste (actuelle Souk-Ahrase) en Numidie en 354.

Etudes dans sa ville natale puis à Madaura (M’daourouch) à l’est de Constantine et Carthage.

Brève carrière de grammairien en Italie

Conversion au christianisme sous l’influence de l’évêque de Milan, Ambroise.

Retour en Afrique en 391 comme évêque d’Hippone (Annaba).

A consacré toute sa vie à faire l’apologie du christianisme qu’il a défendu avec passion contre les hérésies, notamment le donatisme.

Livre le plus célèbre : « Les Confessions » (récit de sa vie).

Autres ouvrages :

- « La cité du Dieu » (attaque des adversaires de l’Église, éloge de l’orthodoxie chrétienne, critique sévère des défauts de l’État tout en recommandant aux aux chrétiens de lui obéir pour éviter les dissensions et les hérésies).

- « La doctrine chrétienne » (interprétation des Écritures).

- « Du consensus des Évangélistes » (harmonie des quatre Évangiles).

     

 

Jugurtha

 

(160 av. J.-C.- 104 av. J.-C.) 

Roi de Numidie (113 av. J.-C.- 104 av. J.-C.).

Petit-fils du roi Masinissa.

Mort de son oncle Micipsa (118 av. J.-C.) qui avait succédé à Masinissa sur le trône.

Envahissement des possessions du fils de Micipsa, Adherbal, par Jugurtha et usurpation du trône.

Résistance obstinée à l’intervention des Romains (111 av. J.-C.- 106 av. J.-C.).

Battu et emmené prisonnier à Rome, exhibé lors du triomphe du général romain Sylla en 104 av. J.-C.

Décès de Jugurtha en prison.

 

 

 

 

 

 

 Un extrait de la bande dessinée Jugurtha de Franz et Vernal aux editions du Lombard.

Selon l'histoire de la bande dessinée, Salluste raconte qu'à Rome la légende circule que Jugurtha ne serait pas mort et aurait été délivré de la prison romaine du Tullianum par un de ses anciens ennemis Chabrias, un Numide qui était allié à son cousin Adherbal du temps où ceux ci se disputaient la Berbèrie.

Sur la chanson "Muqlegh" de Idir.

 

 

 

 

 

Massinissa

Grand roi berbère.

Naissance vers 240 av. J. C. Élevé à Carthage.

Roi des Numides orientaux.

D’abord allié des Carthaginois avec lesquels il combattit Syphax (roi des Numides occidentaux) puis des Romains en Espagne.

Vers 206, seconde les Romains dans leur lutte contre Carthage.

Fait prisonnier Syphax dont il épousa la femme Sophonisbe.

Commandant de la cavalerie à Zama où il contribua beaucoup à la victoire.

Devient le plus puissant souverain de l’Afrique du Nord depuis la frontière tunisienne jusqu’à la Moulouya.

 

 

 

 

Dyhia, « LA KAHINA »   

Surnom de la « reine des Aurès » (partie Est de l'Atlas présaharien), Dyhia, signifiant « la Prophétesse ».

Rappelle la mythique Reine Débora qui réveille le peuple Juif et le rassemble contre la servitude.

A régné sur plusieurs tribus de Berbères de l’Aurès dont la sienne, celle des Djarawa, de 685 environ à 704-705.

À la fin du VIIe siècle, l’Afrique du Nord voit s’affronter trois forces (les Byzantins, les Arabes et les Berbères, habitants des lieux).

La Kahina refait l’unité berbère autour de sa personne et de sa tribu, écrase l’armée d’Ibn al-Nu’mân et la repousse en Tripolitaine.

En 798, Ibn al-Nu’man reporte ses efforts sur Carthage mettant les Byzantins en déroute ; la maîtrise des mers dans le bassin occidental de la Méditerranée passe aux Arabes. Ibn al-Nu’man fonde Tunis. Un seul obstacle se dresse encore devant l’avance des Arabes vers l’ouest : la Kahina et le royaume qu’elle a constitué au Maghreb.

Aurait pratiqué la politique désespérée de la terre brûlée, saccageant le pays, détruisant les villes et brûlant les plantations pour en détourner les Arabes et les décourager. Cette politique lui aliène la population sédentaire, tant citadine (grecque et berbère) que campagnarde.

Ibn al-Nu’man tire parti de cette situation, réclame et reçoit des renforts armés que le calife Abd al-Malik vient de lui envoyer et reprend l’offensive.

Vaincue et décapitée (en 704/05) au lieu dit depuis Bir al-Kahina (le puits de la Kahina).

La voie vers l’Atlantique était ouverte aux Arabes.

 

Apulée

(vers 125 après J.C., 170)

Originaire de Madaura (M’daourouch), dans le Constantinois.

Etudes à Athènes puis à Rome.

Installé ensuite à Carthage.

A rédigé de nombreux traités scientifiques (botanique, médecine, gastronomie,…) aujourd’hui perdus.

Son chef-d’oeuvre : « Les métamorphoses » ou « L’Âne d’or », roman en onze livres qui raconte les aventures d’un jeune homme, Lucino, en voyage en Grèce, qui rencontra une sorcière et voulant se métamorphoser en oiseau, se trompa de produit et devint un âne. Désormais il allait mener la vie misérable des bêtes de somme, tout en gardant le sens du discernement. Lucino allait pouvoir, de cette façon, juger les hommes de l’extérieur. À la fin, touché par son malheur, la déesse Isis lui rendit sa forme humaine. Il renonça alors aux vanités du monde, se consacrant entièrement au culte d’Isis et de son époux Osiris.

 

 

 

 

 

Saint-Cyprien 

Brillant rhétoricien païen.

Conversion au christianisme, évêque en 248.

A eu pour maître Tertullien.

Ecrivain calme et mesuré, appelant à la paix, à la concorde et à l’unité de l’église.

En 258, victime de la persécution de l’empereur Valérien.

Œuvres : traités de morale et épîtres: « Sur les oeuvres et les aumônes », « De l’unité de l’église catholique », «Lettres », etc.

 

 

Juba I 

Roi de Numide.

Fils et successeur de Hiempsal.

Né en 85 av J.C.

Entraîné dans l’alliance avec les pompéiens contre César qui, après sa victoire, modifia l’organisation de l’Afrique romaine en créant avec l’ancien royaume de Numidie annexé, une « Africa nova » (Afrique nouvelle).

Les deux provinces d’ « Africa vetus » (Afrique ancienne) et d’ « Africa nova, d’abord confiées à Lépide, passèrent en 36 av. J.-C. à Auguste, qui annexa le reste de la Numidie (25 av. J.-C.) et dédommagea le fils de Juba Ier, Juba II.

 

 

 

 

 

 

Juba II 

 

Fils de Juba I, élevé à la cour d’Auguste.

Epoux de la fille de Cléopâtre.

Savant, collectionneur d’objets d’art.

Roi de la Maurétanie (25 av J. C). Berbère romanisé car, en cette période, les romains ont fini par annexer toute l’Afrique du nord pour y rester pendant 4 siècles.

 

 

Abdelkrim El Khattabi

(1882-1963) 

Chef des Rifains (berbères du nord du Maroc).

En 1921, soulèvement de sa tribu contre un poste militaire espagnol établi à Anoual dans la chaîne de montagnes du Rif au Maroc ; massacre de plus de 16’000 soldats. Début de la guerre du Rif qui ne s’acheva qu’en 1926.

En 1924, battue en retraite des Espagnols vers leurs campements le long de la côte marocaine. Revendication par la France du territoire situé au sud du Rif. En 1925, mouvement concerté d’une force militaire française conduite par le maréchal Philippe Pétain et d’une armée espagnole contre les Rifains.

Lutte durant une année. Victoire des armées alliées contre les forces d’Abd el-Krim.

Déportation d’Abdelkerim sur l’île française de la Réunion de 1926 à 1947.

Installation dans le sud de la France autorisée par le gouvernement.

Evasion lors de son transfert en France. Accepte l’offre de protection du roi d’Egypte.

Poursuit sa lutte pour l’indépendance de l’Afrique du Nord depuis Le Caire.

Refuse de rentrer dans son pays natal après l’indépendance (1956).

Dépuille rapatriée au Maroc par le roi Hassan II.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mouloud Mammeri

(1917–1989)

Naissance le 28 décembre 1917 à Taourirt Mimoun (At Yanni).

A 12 ans, début de ses études secondaires à Rabat (Maroc) chez un oncle.

Retour à Alger en 1934 pour achever ses études secondaires au lycée Bugeaud.

Etudes supérieures à Paris au lycée Louis Le Grand (intention de préparer le concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure, projet avorté par la seconde Guerre mondiale).

Mobilisation en 1939 et libération en octobre 1940.

Entrée à la Faculté de lettres d’Alger.

Remobilisation après le débarquement américain, participation aux campagnes d’Italie, de France et d’Allemagne.

A la fin de la guerre, préparation à Paris du concours de professorat de lettres.

Retour en Algérie en septembre 1947.

Enseignant à Médéa puis à Ben Aknoun.

Départ d’Alger en 1957 sous la pression des événements.

De 1957 à 1962, résidence au Maroc, avant de regagner l’Algérie au lendemain de l’indépendance.

Directeur du Centre de Recherches anthropologiques préhistoriques et ethnographiques d’Alger (CRAPE) jusqu’à 1979 et professeur à l’université d’Alger.

Passage éphémère à la tête de la première Union nationale des écrivains algériens abandonnée pour discordance de vue et de rôle de l’écrivain dans sa société.

Maître de la chaire de berbère à l’Université d’Alger de 1962 à 1969 (l’ethnologie et l’anthropologie sont alors jugées sciences coloniales par la tutelle et doivent disparaître des enseignements universitaires).

Animation bénévole d’un cours de langue berbère jusqu’en 1973.

En 1982, fondateur à Paris du Centre d’Etudes et de Recherches Amazighes (CERAM) et de la Revue Awal. Animateur d’un séminaire sur la langue et la littérature amazighes sous forme de conférences complémentaires au sein de l’école des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS).

Décès dans un accident de la route près de Ain Defla, le 25 février 1989 à son retour d’un colloque à Oujda (Maroc).

 

CT

Source du texte:

Adaptation d'un texte publié sur Aurès Culture Histoire Tamazgha, octobre 17, 2007.

Sources des illustrations: Saint-Augustin: www.ada.asso.dz; catholique-limoges.cef.fr; Jugurtha: sidiyahiainterface.ifrance.com; fr.wikipedia.org; Massinissa: www.village-tigrine.blogspot.com; La Kahina:  khenchela.info www.studiobendib.com; Apulée: amazighia1990.skyrock.com; L'Ane d'or: www3.dfj.vd.ch; Saint-Cyprien: www.magnificat.ca;  www.30giorni.it; Juba I: www.histoire-fr.com; www.beastcoins.com; Juba II: www.philipcoppens.com; www.argenor.com; Abdelkrim Elkhattabi: www.maroc-hebdo.press.ma; www.marocantan.com; Mouloud Mammeri: www.amazigh-quebec.org