Musique et chanteurs berbères

 

IMENZA

 

Présentation du groupe

Imenza ("ancêtre" ou "premier" en berbère) est fondé par Fu & Simo, convaincus de prendre le chemin de la lutte contre l'injustice qui règne depuis déjà longtemps dans la Tamazgha (Berbérie).

IMENZA vient de sortir son premier album intitulé NEMYAR AYA ("Grands habitués" en berbère) qui contient 6 chansons dont les textes ont été composés par de jeunes poètes amazighs dont Omar Derouich.

Membres du groupe

Simo : chant- guitare - flûte
Fu : chant- guitare- harmonica
O-Amerdas : guitare électrique

Pour contacter le groupe IMENZA: imenza2@yahoo.fr

 

Chansons extraites de l'album NEMYAR AYA paru en 2007

Cliquez sur chaque bouton pour télécharger et écouter la chanson.

Les textes originaux sont écrits en caractères latins du berbère!

Cliquez ici pour accéder à cette police et l'enregistrer dans votre panneau de configuration.

 

NEMYAR  AYA 

Igellinen nna ignan,

Da ttgannan aman

Ad d-gen inegyan;

Ttun akw imexxaren

Isguten iberdan

Zund iγerdayen;

Beddan waskiwen iḍudan

Alin s yigenna yizlan;

Maγef nesrus iḍarren:

Idd akal neγ igenwan?

Nek d kem d ka yaḍen,

Utci d tessi ay nessen!

 

Inesbaγuren-inn illan,

S trabbut munen,

Qeccan imelyan ;

Ar nessedwal allen

Amm yigayuyen;

Ur nelli d awd yan;

Wenna ittren tilelli,

Ur d’as-nettini wahi,

Ass g numeẓ ka nini :

« Tanemmirt i Rebbi ! »

Ibujadiyen amm nekwni,

Myaren γas taguni.

 

Iwaliwen n Omar  DEROUICH

 

GRANDS HABITUES

Pauvres somnolents,

Tous dans l’attente

D’eaux et de flots.

Demeurant confiants

A des chefs brigands

Qui trouent dessus dessous

Telles des souris.

Louange à une victoire !

Des pieds, pour quels pas ?

Cette marche, sur quelle voie ?

Moi, d’autres et toi :

On dort, on mange, on boit…

 

Ces fameux enrichis,

Se tenant en lobby,

Fuient tous avec de l’or ;

Nous les poursuivons,

Nos regards de chouettes

Enivrent nos petits pieds.

Liberté sans veto,

Du vin, on a des pots ;

Grâce au chef Godot,

Des naïfs que nous sommes

S’habituent bien au somme.

 

 

Traduit et adapté par l’auteur

 

 

TUJEY-I-D  TUTLAYT-INU

Usiγ awal  γer yimi,

Isemrara-t unelli,

Yufa-t-inn yajgul wahli,

Iẓẓay ugar i tzumi.

 

Matreγ awal ittyaru

S yimkinna s itteggru

Yaf-t uγilas n wasru

Ad as-isyaf aferru.

 

Sawleγ i wi ittsellan,

Wi knanin ar allan,

Ferγen-asen yiberdan,

Nniγ : « Akzat-i kigan ! »

 

Tarussna tekla tensa,

Teẓḍa digi taratsa ;

Inza wawal s taḍṣa:

Tigusin aya g wansa.

 

 

Iwaliwen n Omar  DEROUICH

 

 

 

MA LANGUE ME REJOINT

Transférant la parole à la bouche,

La cervelle la transvase,

Elle l’a trouvée si majestueuse

Et trop pesante à la solitude.

 

J’ai poursuivi des caractères

Ecrits   d’une manière méprisante

Qui facilitera sa tâche au fêlon de la mort

Sachant confectionner les sorts.

 

J’ai interpelé des auditeurs

Soumis et pleureurs,

Pour qu’ils me reconnaissent

A travers leurs voies tortueuses.

 

L’ignorance s’installe jour et nuit,

Elle a tissé en moi sa toile;

La langue mise en vente pour rire,

Des pieux sont ainsi maintenus sur place.

 

Traduit et adapté par l’auteur

 

 

AZWU

Yitsen medden igellinen,

Awd yan ur ten-issin.

Yitsen medden igellinen,

Ddunit, ur ta tt-ẓrin.

 

Ṣaḥa-nnek ay azwu aḥnin,

Suḍ rẓem-asen tifelwin!

Ṣaḥa-nnek ay azwu aḥnin,

Suḍ rdel-asen tidderwin!

 

Cḥal aya n tsutiwin

Ayd gnan ur ukin

Aseggwas wala sin,

Is ran ad ur akin

 

Ṣaḥa-nnek ay azwu aḥnin,

Suḍ rẓem-asen tifelwin!

Ṣaḥa-nnek ay azwu aḥnin,

Suḍ rdel-asen tidderwin!

 

Mek ak-nnan ur rin,

Suḍ rdel-asen tidderwin

Mar ad ur sar akw inin

Llan  aha neγ ur akw llin!

 

Ṣaḥa-nnek ay azwu aḥnin,

Suḍ rẓem-asen tifelwin!

Ṣaḥa-nnek ay azwu aḥnin,

Suḍ rdel-asen tidderwin!

 

 

Iwaliwen n Omar  FAKRI

 

 

 

V E N T

De pauvres petites gens

Éternelles méconnues,

De pauvres petites gens,

Elles  ignorent encore le monde.

 

S’il te plaît ô vent pitoyable,

Souffle et ouvre-leur les portes !

S’il te plaît ô vent libérateur,

Souffle et détruis leurs demeures !

 

Ils sommeillent depuis des générations,

Les inconsciences jouent la prolongation ;

A quand alors la cessation

De cette longue  hibernation ?

 

S’il te plaît ô vent pitoyable,

Souffle et ouvre-leur les portes !

S’il te plaît ô vent libérateur,

Souffle et détruis leurs demeures !

 

S’ils ne renoncent à leur soumission

Ô vent, souffle leurs habitations !

Ainsi ils cesseront à jamais

D’appeler à  être ou ne pas être.

 

S’il te plaît ô vent pitoyable,

Souffle et ouvre-leur les portes !

S’il te plaît ô vent libérateur,

Souffle et détruis leurs demeures !

 

Traduit et adapté par Omar DEROUICH

 

 

ATIG  N  YU

Atig n yu, ad t-nefru

S tirra, ur akw nettru,

Ur ta aγ-yaγ wasru

Neg diges amm is ur nelli.

 

Awal, ur rad as-nezdu

Imkinna aγ-t-id-tka ḥellu,

Nessgem iss awd mummu

Af ad ilemm a nili.

 

Zund aya ar ameggaru

Mi inna ad ifejjej ugayyu

Mek as-nnan i tgufi uhu

Ar ttanagen tilelli.

 

Ira wakud ad nherru

Nisin a nγer ula a nuru,

D ubrid inmen ad t-neḥḍu

Imkinna nemyar afulki.

 

Iqqan, iqqan a nili!

 

    

 

Iwaliwen n Omar  DEROUICH

 

 

 

VALEUR DE MA MÈRE

Nous payerons sa valeur

En écrivant loin des pleurs,

Avant le départ à la mort

Et imitant le néant.

 

Nous n’abandonnerons pas nos mots

Qui nous ont été légués

Par nos nos aïeux;

Nous en élèverons nos enfants

Qui attesteront notre existence.

 

Notre marche et nos echos

Atteindront l’aisance et le plaisir,

L’inaction est donc à fuire

Et la libération à conquérir!

 

La vie chasse les passifs,

Nous devrons y trouver nos motifs;

Le savoir et la bonne voie

Demeureront parmi nos biens,

Nous sommes bien  habitués au bien.

Soyons au rendez-vous du temps qui vient

 

Traduit et adapté par l’auteur

 

 

TARIR

Dγik ayd ẓriγ is i-yuf war ul

Seg may zriγ amud i-ira wul;

Γaleγ is d-usiγ γef tadawt azzan

Zziγ ur d-usiγ γas tarir iknan.

 

Mek usiγ g uḍar aẓaẓa ikref-i

Qqimiγ g udγar, s yigumas tneγ-i.

Ay Akuc ṣaḥit kkat-aγ-d tasga!

Terẓa-i ddunit, ula mayed nga

 

 

 

OGRESSE

Désormais, me voici méprisable,

Moi qui ai évité la bonne semence ;

Je rêvais porter au dos un môme

Hélas, c’était un vieux fantôme.

Comment me débarrasser d’un tel fardeau ?

Ma vie sur place est entre des crocs !

Au secours, ô Créateur ! Voyez mon état !

Cette vie m’a brisé ainsi que mon éclat.

 

Traduit et  adapté  par Omar DEROUICH

 

 

 

TAWERΓI  N  TAYRI

Tekksemt taγufi i tallin,

Tikli n yidili n tsekwrin;

Qad tasem Dihya

Mer tanney tiwenziwin.

 

Ahimt a ti! Ahiw a wi!

 

Seg wakud n tmeγriwin,

Aḍu n tujjut ssenfin;

Tasusmi n urba,

Aggugent-as tegẓiwin.

 

Ahimt a ti ! Ahiw a wi !

 

Inder wul iswan irinen,

Immekti-d tiniriwin,

Inurez g yiba

N urumsu g tfekkiwin.

 

Ahimt a ti! Ahiw a wi!

 

Ayyur d-ilan taskiwin,

Gan tukkaḍ i tayriwin;

Seg yiḍ g d-yugga,

Issaḍen tiwengimin.

 

Ahimt a ti! Ahiw a wi!

 

Iwaliwen n  Omar  DEROUICH

 

 

 

AMOUR  PÂLE

Nos yeux rassasiés

D’essaims de perdrix;

Dihya serait jalouse

De ces coiffures chéries !

 

Les fêtes embaumées

Ont, tout bonheur, décimé ;

La jeunesse tracasse le silence

Qui a enfoui toute beauté.

 

Des cœurs, de venin, motivés

Se sont rappelés les déserts ;

Là, leurs vieux vices de reptiles

Proscrivent les besoins aux corps.

 

Ce croissant aux cornes en pointe,

Comme l’ancre, mord l’amour ;

Sa fissure-là dans le noir

A mis les esprits au brancard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Traduit et adapté par l’auteur