Le concept des Dar Al Oumouma 

Contexte

Pourquoi créer des « maisons d’accouchement » ? Pour donner naissance en toute sécurité..

Faits et chiffres

En 2005, quelque 1’500 Marocaines sont mortes pendant la grossesse, l’accouchement ou le post-partum. La plupart vivaient dans les campagnes et les montagnes du pays, où le taux de mortalité maternelle atteint 267 pour 100’000 (contre 187 pour 100’000 en ville) et la mortalité néonatale 33 ‰. En dehors de la Mauritanie, ces chiffres sont les plus élevés d’Afrique du Nord.

1’500 femmes par an meurent à l'accouchement : La mortalité maternelle, un défi particulièrement rural au Maroc

La création des « Dar Al Oumouma » est justifiée par le fait que 52% des femmes d`origine rurale accouchent encore à domicile. Ceci constitue un facteur de risque pour la mère et le nouveau-né car les complications qui surviennent au moment de l`accouchement ne peuvent pas être prévisibles même en cas d`une surveillance prénatale efficace.

Dans beaucoup de situations (éloignement, insuffisance des moyens de transport, conditions climatiques défavorables, etc…), la population rurale doit mettre plusieurs heures avant d`arriver au service de santé le plus proche. C`est la raison pour laquelle la création des « Dar Al Oumouma » est essentielle et présent les avantages suivants :

- La proximité géographique puisqu’elle est située dans une zone proche de la population.

- L’adaptation à l’environnement social et culturel: le personnel parle la langue locale, les conditions d`accueil sont conviviales.

- La facilitation de la communication et l’acquisition des connaissances et pratiques en ce qui concerne la santé de la mère et de l’enfant.

- La gratuité des services pour la famille (hébergement, restauration, soins, etc…) ainsi que la prise en charge des frais d’ambulance en cas de transport urgent à l’hôpital.

- La solidarité entre les communes rurales pour la prise en charge des problèmes de santé de la population.

Il s’agit donc, grâce aux Dar Al Oumouma, de réduire la mortalité maternelle qui sévit encore au Maroc avec un taux moyen de 227 décès pour 100’000 naissances vivantes soit 1’500 femmes chaque année, l'équivalent de quatre crashs d'avions de 375 passagers chacun.

Les disparités entre l'urbain et le rural se trouvent accentuées avec des taux de mortalité respectivement de 186 et de 267 pour 100’000 naissances vivantes. Or, il ne s'agit pas de maladies contre lesquelles il n'existe pas de remèdes. Le décès est dû à un retard de recours aux services de soins adéquats. D'où l'intérêt de l'approche Dar Al Oumouma qui est une alternative palliative aux difficultés d'accessibilité géographique, financière et culturelle rencontrées en milieu rural.

Dar Al Oumouma est une maison d'attente qui permet aux femmes enceintes d'être accueillies, dans un environnement convivial et proche des services de santé. Ces femmes ont également la possibilité d’être accompagnées d'une parente ou d'une proche ou même d'un enfant en bas âge. Durant son séjour à la Dar Al Oumouma, la femme bénéficie de séances d'information et d'éducation sanitaire sur l'hygiène, la nutrition y compris l'allaitement maternel, la vaccination et sur d'autres sujets en rapport avec la santé maternelle et infantile.

En ce qui concerne les femmes qui résident dans des localités éloignées, elles peuvent être admises à cette maison de maternité plusieurs jours avant l'accouchement et y séjourner également plusieurs jours après l'accouchement. Cet établissement leur permet un accouchement aisé et sans risque. Dar Al Oumouma est ainsi une alternative, palliative aux difficultés d'accessibilité géographique, financière et culturelle rencontrées par les femmes en milieu rural. Ce projet est basé sur une approche de proximité et de participation des populations locales, de la société civile, des communes, du conseil provincial et des autorités administratives et sanitaires.

Basée sur une approche de proximité et de participation des populations locales, de la société civile, des communes, du conseil provincial et des autorités administratives et sanitaires, «Dar Al Oumouma» est une réponse qui se veut adaptée aux spécificités rurales. C'est une maison d'attente qui permet aux femmes enceintes d'être accueillies accompagnées de ses proches et même de ses enfants en bas âge ; le tout dans un environnement convivial et proche des services de santé.

L'accouchement a lieu dans la maternité rurale qui se trouve juste à côté et qui est équipée de matériel et dotée de personnel qualifié, capable de traiter les complications mineures. En cas de complication grave, la femme est évacuée d'urgence à l'hôpital de référence le plus proche.

 

Le coût moyen d’une structure

Pour les quatre structures « Dar Al Oumouma » mises en place avec le financement Unicef, en l’occurrence les communes de Tazarine dans la province de Zagora, de Taznakhte dans la province de Ouarzazate, de Zoumi dans la province de Chefchaouen et d’Ourika dans la province d’Al Haouz, le coût moyen est de 450’000 Dhs [55’848 CHF, NDLR] pour les constructions et 150’000 Dhs [18'616 CHF, NDLR] pour l`équipement.

Les terrains ont été fournis par les communes ou par le ministère de la Santé (cas de la commune Ourika).

Au stade actuel, plusieurs communes et provinces ont manifesté un intérêt pour l`implantation de ce projet dans leurs localités. Par ailleurs, cette approche a été adoptée comme expérience à développer dans le cadre de l’INDH (Initiative Nationale pour le Développement Humain).

 

Le projet Dar Al Oumouma

Une maison de maternité en milieu rural. C’est l’idée du projet « Dar Al Oumouma » qui vise l'amélioration de l'accès aux soins maternels et néonatals en milieu rural. Cette opération est lancée par le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), en partenariat avec le ministère de la Santé.

Le concept «Dar Al Oumouma » est une initiative communautaire pour l’amélioration de l’accès aux soins maternels et néonatals en milieu rural. Le projet a été développé en 2004 par l’UNICEF en collaboration avec le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Intérieur à travers sa Direction des Affaires Rurales et sa Direction générale des Collectivités locales.

Le Maroc a affiché sa volonté de rattraper son retard en matière de santé maternelle et infantile. Il a souscrit aux Objectifs du Millénaire pour le développement, s’engageant à réduire la mortalité maternelle des trois quarts et la mortalité infantile des deux tiers entre 1990 et 2015. En 2005, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a clairement réaffirmé cette priorité en lançant l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).

Donner naissance en milieu rural : une mission à haut risque

Dans les zones rurales, la naissance est trop souvent indissociable de la mort. Le ratio de mortalité maternelle est l’un des plus élevés de la Région Moyen Orient et Afrique du Nord. Selon l’enquête du Ministère de la Santé, on note, au niveau national, que chaque année:

-          1’400 femmes et filles meurent de causes liées à la grossesse,

-          26’000 enfants meurent avant l’âge d’un an,

-          6 femmes sur 10 en milieu rural accouchent encore à domicile.

« Les Dar Al Oumouma peuvent faire reculer le taux de mortalité maternelle et néonatale de manière significative », estime Dr Ahmed Laabid, Chargé du programme santé au bureau de l’UNICEF à Rabat. « Sauver les femmes et les enfants doit devenir l’affaire de tous, depuis le gouverneur de la province jusqu’aux habitants des douars, en passant par les présidents des communes et les responsables des services de santé. » déclare Maie Ayoub, Représentante de l’UNICEF au Maroc.

Une solution qui a fait ses preuves

La plupart des décès maternels ou invalidités suite à un accouchement, peuvent être attribués à trois types de délais : avant de déceler les complications, avant d'atteindre un centre de santé, ou avant de recevoir des soins de qualité. Pour contribuer à la diminution de la mortalité maternelle et néonatale, pour améliorer la surveillance des femmes enceintes vivant en en milieu rural et pour permettre le développement intégré du jeune enfant, l’ouverture de maisons d’attente, appelées Dar Al Oumouma (DAO), a été mise en œuvre dans le cadre du programme de coopération Maroc-UNICEF.

Quatre « Dar Al Oumouma » ont été inaugurées en 2005 et 2006 à TAZARINE (province de Zagora), à Taznakhte (province de Ouarzazate), à Ourika (province d’Al Haouz) et à Zoumi (province de Chefchaouen). Chaque Dar Al Oumouma se trouve au centre d’un territoire comprenant plusieurs communes – généralement entre quatre et sept – où le nombre d’accouchement dépasse 1’000 par an. Les maisons d’attente sont également des espaces d’apprentissage pour les jeunes mamans en matière d’éducation parentale. Cette solution est particulièrement adaptée au contexte marocain et commence à être répliquée dans d’autres sites avec l’appui de différents partenaires.

 

Bilan 2009 de la Dar Al Oumouma de Tazarine,

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